Solidarité avec le peuple tunisien
publié le 19 janvier 2011 à 17h10 / écrit par Michel BEAUMALE , maire de Stains / lu 423 fois / commenté 0 fois
"C’est tout un peuple rassemblé qui a contraint à la fuite le despote Ben Ali qui dirigeait depuis 23 ans un Etat policier et corrompu", note Michel Beaumale, maire de Stains et vice-président de la communauté d’agglomération Plaine Commune dans un appel à la solidarité avec le peuple tunisien dont nous publions le texte.
Je veux avant tout saluer le courage, la détermination et l’esprit de responsabilité du peuple tunisien qui a affronté pacifiquement une armée de policiers, aux cris de « dégage, Ben Ali ».
Honte aux propos indécents de MAM et Sarkozy
Ce peuple ne s’est pas laissé abuser par les promesses d’un président qui, après avoir fait tirer sur la foule, a cru pouvoir conserver le pouvoir en tentant de tromper les tunisiens une fois de
plus. Honte à nos dirigeants qui ont soutenu jusqu’au dernier jour Ben Ali.
La veille encore de sa chute, Mme Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères lui a proposé le « savoir-faire » de la police française. Honte à Nicolas Sarkozy qui saluait Ben Ali pour « son
engagement dans la promotion des droits universels et des libertés démocratiques ».
A la dernière seconde, la cellule de crise de l’Elysée s’est résolue à demander que
l’avion du dictateur en fuite change de cap alors que la famille de Ben Ali était déjà
réfugiée en France.
Une révolution des jasmins qui diffuse ses idées aux Maghreb et ailleurs
Les fruits de cette « révolution des jasmins » appartiennent au peuple tunisien, à tous
ceux qui depuis des décennies mènent un combat courageux pour les droits de
l’homme, et de la femme, pour la liberté d’expression, souvent au prix de leur propre
liberté, et de leur vie.
Tous les opposants doivent retrouver la liberté. Les richesses et les ressources de la
Tunisie accaparées par la famille de Ben Ali doivent être restituées à la nation
tunisienne, y compris les fortunes placées sur des comptes en Europe et notamment en
France. Les travailleurs tunisiens ne doivent plus être surexploités par les firmes
occidentales qui délocalisent pour grossir leurs profits. Les « fidèles » de Ben Ali
doivent rendre leurs armes et renoncer au terrorisme et aux pillages. Des élections
démocratiques doivent avoir lieu aussitôt que possible, dans le respect du pluralisme
politique et de la presse.
Soutenir le retour à la démocratie en Tunisie
Les tunisiens, j’en suis convaincu, n’accepteront pas de passer d’une dictature à une
autre, qu’elle soit militaire ou islamiste. Ils ne se sont pas exposés aux balles des
policiers de Ben Ali, pour renoncer demain à la liberté conquise.
Je veux exprimer ma profonde admiration pour le peuple tunisien qui donne au monde
le bel exemple de son courage et de sa lucidité. D’autres peuples s’en inspireront, j’en
suis sur, au Maghreb et ailleurs. La démocratie en Tunisie, c’est aussi une chance que la
France devra saisir pour établir des relations nouvelles de part et d’autre de la
Méditerranée, des relations d’amitié, de coopérations et de respect mutuel, pour
tourner définitivement la page du colonialisme.
Je veux réaffirmer mon entière solidarité avec les tunisiens, ceux qui vivent au pays et
ceux qui vivent ici en France, notamment dans notre ville. Solidarité avec les militants
des droits de l’homme, avec les journalistes tant de fois persécutés sous Ben Ali, avec la
grande centrale syndicale tunisienne très présente dans cette révolution des Jasmins,
avec Hamma Hammami, porte parole du parti communiste tunisien, qui fait partie des
opposants récemment libérés.
Vive la Tunisie libre et démocratique, vive l’amitié entre la France et le Maghreb, vive la
solidarité des peuples pour un monde qu’ils veulent plus juste et moins inégal.
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