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2012, l'heure des choix

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2012, l'heure des choix

publié le 12 mai 2011 à 11h42 / écrit par Communiste 21 , Diverses Cités / lu 288 fois / commenté 0 fois



En quelques semaines seulement, entre le second tour des élections cantonales et avant la mi-juin, les communistes vont avoir à discuter et à trancher d’une très importante question : quelle présence de leur parti à l’élection présidentielle de 2012 ? Nous publions une tribune publiée sur le site de Communiste 21.

Pour la direction du PCF, le débat doit se limiter à choisir entre l’un ou l’autre des postulants à la candidature sous la bannière du « Front de gauche », sur la lancée d’une stratégie mise en œuvre depuis plusieurs années, avant même le début de la crise, et qui en ignore pour l’essentiel les conséquences, tout particulièrement les bouleversements idéologiques et politiques qu’elle a entraînés, en France et dans le monde. En juin 2010 il était prévu de convoquer un congrès en juin 2011. La direction y a renoncé pour le renvoyer … à l’automne 2012, après les grandes échéances politiques. En d’autres termes, elle a décidé de faire l’impasse sur l’indispensable analyse de la « nouvelle époque » ouverte par la crise, caractérisée par la montée des luttes sociales, l’expression de nouvelles exigences populaires, en même temps que le rejet grandissant des réponses politiques convenues, de droite comme de gauche, systématiquement sourdes aux besoins de changements de grande ampleur qui travaillent en profondeur la société toute entière.

Distorsion préoccupante entre demande populaire et offre politique

Et pourtant ! Les élections cantonales ont montré, avec un taux d’abstention exceptionnellement élevé, la distorsion préoccupante entre demande populaire et offre politique. Elles ont confirmé le poids de la déception, de la colère souvent, des électrices et des électeurs à l’égard des partis et des responsables politiques jugés, non sans raison, enfermés dans leur « tour d’ivoire », toutes sensibilités confondues. Car il ne faut pas s’y tromper : au-delà des discours visant à se rassurer ou à banaliser la récente séquence électorale, tous les partis ont reculé significativement en nombre de voix. Et le vote en faveur du Front national, qui exploite à son profit les angoisses populaires, s’est nourri de cette situation. Au total, avec le choix de l’abstention pour certains, celui du FN pour d’autres, ce sont plus de six électeurs sur dix qui ont adressé un fort message de défiance aux partis politiques. Du jamais vu en France !

Continuer comme avant ?

Va-t-on en tenir compte ou malheureusement, comme il semble que ce soit le cas, le passer par « pertes et profits » et continuer comme avant ? On ne peut se satisfaire de l’engagement de l’élection présidentielle sur fond, à droite, de « coups tordus », d’affaires nauséabondes, de guerre des clans, de spéculations sur la peur et les thèmes les plus rétrogrades. Tandis qu’à gauche, au parti socialiste notamment, on s’apprête une nouvelle fois à multiplier les promesses alléchantes avec la tentation de répéter, grâce à l’actuel directeur du FMI, l’opération « sauvetage » du capitalisme en crise par la simple régulation de ses excès. A tout cela, les électrices et les électeurs, instruits par plusieurs décennies d’expérience, ne croient plus. Ils attendent des forces de gauche qu’elles disent les réponses concrètes aux exigences qui se sont exprimées.

Faire de la politique autrement

Ils ne croient pas non plus aux vertus d’un rééquilibrage de la gauche au profit de la « vraie gauche, dont il serait indispensable qu’elle supplante le PS afin que la voie du changement soit enfin ouverte. Un tel objectif, irréaliste aux yeux des gens de gauche, se limitera en fait – beaucoup plus modestement et sans produire aucun effet utile – à savoir qui sera « le plus grand à la gauche de la gauche ». Dans tous les cas, partis et dirigeants politiques apparaissent comme indifférents aux souffrances et aux attentes des citoyennes et des citoyens. Quand il faudrait répondre à l’aspiration particulièrement forte à concevoir et faire autrement la politique, pour mettre les partis au service des citoyens, c’est l’inverse qui continue de prévaloir.

Accepter le débat

Dans ce contexte, où prédominent les querelles politiciennes et les manœuvres d’appareil, le FN, renvoyant gauche et droite dos à dos, espère et peut encore prospérer. Le PCF ne peut pas persister dans la poursuite d’une orientation décidée avant 2007 avec les « collectifs antilibéraux » qui fait l’impasse sur les bouleversements évoqués précédemment. Beaucoup de communistes le pensent et le disent. Certains, ne retenant que la forte aspiration à battre Sarkozy, proposent de se ranger derrière une candidature unique ou commune de la gauche. Et tout laisse penser que cette option prendra de l’ampleur à l’approche de l’échéance. Mais dans les conditions politiques d’aujourd’hui, une telle candidature ne pourrait être qu’une candidature du PS ou inspirée par lui. Or, en dépit des hésitations qu’il manifeste, le PS, tous courants confondus, aborde l’élection présidentielle avec une « offre politique » très en dessous de la demande populaire, comme en atteste ce que nous connaissons de son projet pour 2012. Il ne peut s’agir donc de proposer une union de la gauche d’une autre époque au moment où monte avec force l’exigence, au moins dans le peuple de gauche, de « politique autrement ». D’autres souhaitent une candidature communiste « identitaire ». Ils rejettent également « Front de gauche » et social-démocratie, pour proposer au peuple français de se rassembler derrière le PCF avec, pour sortir de la crise, la perspective d’un « socialisme » sensé réussir là où le « soviétisme » a échoué. Il y a donc débat. Et aucune de ces options ne peut être balayée d’un revers de main et doit être mise en discussion. Mais ce débat ne peut être réduit dans un simple choix de candidature, alors que pour la masse de l’opinion les jeux sont quasiment faits et que dans le PCF la pression de la direction réduit de fait le choix à un "moindre mal" électoral : - « Front de gauche » - candidature « identitaire » - candidature « unique » de la gauche

Cela concerne tous ceux qui ne se résignent pas à la situation actuelle

n’y aurait-il d’autre ambition possible ? Nous avons la conviction que le débat sur 2012 doit porter sur les conditions et la conception du changement et du rassemblement. Ou bien à la gauche de la gauche, ou dans la réédition de l’union traditionnelle de la gauche, ou bien une union nouvelle à partir de la situation inédite à laquelle il faut faire face. En ce sens ce débat qui concerne directement les communistes est aussi l’affaire de celles et ceux qui ne se résignent pas à la situation actuelle. Le défi d’une candidature porteuse de la proposition d’une union nouvelle Avec la crise, ses conséquences déjà avérées, ses prolongements probables et les exigences populaires nouvelles qu’elle fait émerger, en France et dans le monde, nous sommes entrés dans une situation historique radicalement nouvelle.

Refuser la politique soumise au marché

Un défi nous est lancé : le défi de l’union sur une autre façon de faire de la politique, en refusant la soumission des pouvoirs politiques à la loi des marchés financiers et aux exigences des privilégiés. C’est pourquoi nous proposons la mise en débat d’un autre choix : celui d’une candidature porteuse de la proposition, adressée à toutes les forces de gauche et de progrès, de construire une union d’un type nouveau autour des exigences et des solutions avancées par le mouvement populaire depuis 2008. Ces propositions sont nombreuses, largement connues et soutenues par plus de 70 % des Français, indiquent les sondages. Elles émanent des organisations syndicales et des associations. Il ne s’agit pas de se les « approprier » abusivement, mais de proposer qu’elles servent de socle à la construction d’un programme de législature organisé autour de dispositions enfin susceptibles de mettre en cause les dogmes du capitalisme financier et de sortir du consensus libéral sur lequel se sont réalisés, ces dernières décennies, les alternances gauche-droite sans que rien ne change véritablement.

Une telle proposition, adressée à toutes les forces de gauche, ne recueillera pas d’emblée leur accord enthousiaste. Mais en la lançant à l’occasion de l’échéance présidentielle, elle peut y faire une intrusion remarquée et bouleverser la donne en commençant à rompre avec la simple reconduction d’orientations politiques qui ont trop souvent conduit à la déception, et ne correspondent pas aux réalités du moment.

Et voyons bien que si ces orientations étaient reconduites, alors les mêmes causes produiraient les mêmes effets. Dès lors, que la droite se maintienne au pouvoir ou que la gauche l’emporte, il y a fort à parier que la situation de la France et des Français continuerait de se dégrader sensiblement. Même affaibli comme il l’est aujourd’hui, le PCF est en mesure de prendre l’initiative historique qu’impose la situation actuelle. Il est faux de prétendre qu’on ne peut, même sans enthousiasme, que se ranger à la stratégie de « Front de gauche ». L’histoire enseigne le contraire : dans les années 1930-1940 le PCF a su, en dépit de la faiblesse de son audience et de ses effectifs, prendre des initiatives politiques audacieuses qui se sont finalement largement imposées et qui ont contribué, de façon décisive, à forger l’identité moderne et progressiste de la France. Il n’est pas trop tard pour soumettre cette proposition, et marquer la réflexion et la discussion sur les choix à faire.

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