Feu le plan Marshall des banlieues !
publié le 15 décembre 2011 à 12h17 / écrit par Véronique LOPEZ , Diverses Cités / lu 98 fois / commenté 0 fois
On savait d'avance que les grandes affirmation présidentielles sur le "plan Marshall" des banlieues promis par Nicolas Sarkozy était du vent. On en a la confirmation avec l'annonce faite à l'agence Reuters de Maurice Leroy, ex-communiste devenu ministre de la Ville de Sarkozy. "Crise oblige", bien sûr !
"Les grands plans 'globaux', les grandes promesses, les plans Marshall, c'est inutile car personne n'y croit et de surcroît, c'est désormais irréaliste dans un contexte financier qui nous contraint à une grande vigilance budgétaire", a lancé Maurice Leroy. Le ministre n'en est pas à un paradoxe près puisqu'il appelle cependant à une "mobilisation en faveur des quartiers populaires" mais explique que l'heure n'est plus aux coûteux plans de grande envergure.
Le plan Espoir banlieue en plan !
Petit rappel de circonstance... Le candidat Nicolas Sarkozy avait promis, lors de sa campagne pour la présidentielle de 2007, un "plan Marshall" pour les banlieues. Il était revenu sur le sujet après son élection, évoquant en février 2008 un plan "Espoir banlieues" et affirmant lors d'un discours à l'Elysée devant des habitants de quartiers difficiles qu'il fallait "réinventer la ville". Fadela Amara avait dessiné les grandes lignes de cet ambitieux projet qui devait se concentrer sur une centaine de quartiers avec comme priorités l'insertion par le travail, la lutte contre l'échec scolaire et le désenclavement. La secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la Ville avait évoqué imprudemment un effort d'un milliard d'euros pour ce vaste programme avant d'être écartée du gouvernement et de céder la place, à la faveur du remaniement de novembre 2010, à Maurice Leroy, qui lui a succédé avec le rang de ministre.
Beaucoup de paroles et pas de moyens
Pour faire Illusion sans doute avec les belles paroles comme celle-ci : "le seul plan qui m'intéresse, c'est celui de la mobilisation de toutes les énergies que compte la République en faveur des quartiers populaires et des femmes et des hommes qui les habitent." Ou celle-ci : "les banlieues sont peuplés de jeunes. Ils sont le coeur avec lequel la République à rendez-vous", dit en substance le ministre qui a aussi en tête de ne pas trop mobiliser à gauche un électorat qui - s'il votait en masse - pourrait être déterminant lors de l'échéance présidentielle. Paroles, paroles, paroles et aucun acte en faveur des banlieues, voilà le "nouveau plan Marshall" du candidat Sarkozy. Il est vrai que Neuilly, elle, se porte bien et que, pour nos ministres, c'est souvent la seule banlieue qu'ils connaissent.
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